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 « Le silence est un ami qui ne trahit jamais. » [LIBRE]

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MessageSujet: « Le silence est un ami qui ne trahit jamais. » [LIBRE]   Mar 5 Mai - 23:22


Doucement, le soleil se levait. Il prenait peu à peu de la hauteur dans le vaste ciel bleu gris qui arborait des teintes allant du jaune au rouge en passant par l'orange et toutes les teintes intermédiaires. La lumière commençait à se répandre alors que le gazouillis des oiseaux s'élevait dans les hautes sphères de la terre. Partout, ces petits volatiles chantonnaient à tue-tête leurs chants mélodieux, usant de leurs plus belles notes pour réveiller comme apaiser les vivants comme les morts. Silencieux, tu ouvris l'une de tes paupières pour recevoir pour seule gratification des rayons brûlants dans ce même oeil. Tu pestas silencieusement et tu refermas ta paupière avant de rouvrir l'autre quelques secondes plus tard. Finalement, jouant à ce petit jeu, tu finis par t'habituer à la luminosité grandissante. Les deux yeux totalement ouvert et la vision claire, tu finis par découvrir le paysage dans lequel tu avais passé la nuit. Sous tes yeux s'étendaient de vastes collines, entièrement couverte d'herbes vertes et grasses et d'arbres verdoyants. Tu décochas un long bâillement bestial et tu te relevas sur tes quatre pattes en moins de temps qu'il en faut pour le dire. Une fois ton corps hissé sur tes membres, tu te mis à faire une rapide toilette, histoire de nettoyer ton pelage brun, souillé par la longue nuit que tu venais de passer. Tu pris une bonne dizaine de minute à lisser et nettoyer ton poil. Satisfait, tu arrêtas avant que ton poil ne finisse imbibé de salive. Tu délaissas alors ton pelage pour une marche laborieuse et silencieuse vers un lieu où le silence était maître. Tu désirais plus que tout rendre visite aux anciens Doggones qui avaient péris. Ceux qui avaient été tes aînés. Ceux qui grâce à qui, vous tous, la nouvelle génération, vous étiez devenus plus résistants, plus forts. Tu te devais de leur rendre cet hommage. Allez passer un bout de temps-là-bas. Y aller juste pour réfléchir, pour tenter de trouver des réponses aux questions existentielles. Pourquoi et comment les Doggones parviennent à survivre dans un monde aussi hostiles ? Dans quel but ? Pour quel avenir ? Tant de questions qui dansaient follement et rageusement dans ton esprit comme une tornade qui dévaste et sème le chaos sur son passage.



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MessageSujet: Re: « Le silence est un ami qui ne trahit jamais. » [LIBRE]   Jeu 7 Mai - 14:51


Je l'ai vu. Je l'ai vu parce qu'il a pas bougé depuis hier. Je l'avais flairé, je l'avais suivi comme une anguille collé à un rocher un soir d'hiver, et j'avais attendu. Comme un imbécile, à coté d'un rocher, bien caché, changeant de position avec le vent histoire qu'il ne me sente pas. Suffisamment éloigné pour l'observer, suffisamment stupide pour ne pas l'approcher, suffisamment blanc pour me faire repérer. J'avais toutes les cartes en main. Surtout qu'en plus, je suis sûr qu'on voyait mes oreilles dépassés du rocher. Ce que je peux être intelligent parfois. J'ai donc plaqué mes oreilles toute la nuit contre mon crâne, histoire de pas me faire repérer, mais j'avais l'air tellement ridicule. Heureusement qu'on était pas nombreux, la scène aurait été comique. Le vieux sage disait toujours qu'on n'était jamais trop prudent, alors j'observe et j'attends. J'attends de voir si il fait le moindre mouvement suspect, que je partes en courant, la queue entre les jambes, où si enfin, après des semaines de solitudes, ou des mois peut-être, j'ai trouvé quelqu'un qui me ressemble réellement, en chair et en os.

Pouf, je me suis endormi. Comme ça, d'un coup. Je me suis réveillé en sursaut avec le soleil, d'un bond, cherchant des yeux mon nouveau copain -oui, j'avais décidé cela pendant la nuit, allez savoir pourquoi- et une fois trouvé, bim, je me retrouve de nouveau a plat ventre derrière mon rocher. Un fin limier je vous dis. Je laisse dépasser mon museau sur le coté, je regarde d'un oeil, puis l'autre. Il se réveille, il fait sa toilette. J'en déduis de par ma discrétion ancestral, il est probablement aveugle, ou sourd, ou simplement trop occupé par sa personne. Le premier point m'arrangerait pas, le deuxième ne serait pas gênant en ce lieu et le troisième, j'ai pas envie de croiser quelqu'un imbus de lui même donc.. A choisir, sourd ça me va. J'inspire un grand coup, et sort de ma cachette, les oreilles aux aguets. Avant, arrière, avant, arrière. Je capte le moindre son, le moindre bruit, le moindre mouvement de museau, de narines ou encore le moindre souffle. Je sais pas trop comment réagir. Je lui fais la fête ou bien? J'hésite encore. Je m'avance, remue doucement la queue, j'attends de voir sa réaction. Je crois qu'il m'a vu, je suis pas sûr, il est peut-être aveugle, non ? Je crois que je suis un poil trop stressé. Je me stoppe et inspire. Détendu, je reprends ma marche avant de trébucher sur un caillou, je chute. Ridicule. Je manque de couiner et me retrouve les quatre pattes étalés sur le sol. Je regarde toujours mon nouvel ami, les oreilles en l'air et la langue pendante. Je peux pas faire plus innocent là. J'espère qu'il va pas me manger.


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MessageSujet: Re: « Le silence est un ami qui ne trahit jamais. » [LIBRE]   Dim 10 Mai - 22:35

Perdu dans tes pensées, tu ne remarques pas qu'un chien te suit. Pourtant, si tu avais été un peu moins concentré sur ce que tu pensais, tu l'aurais bien vu et de nombreuses fois. Ce n'était pas la discrétion de l'autre qui faisait sa qualité, bien au contraire. Si tu avais été un chien dangereux, un de ces robots faits de ferrailles et se voulant ressembler à un des nôtres, il aurait fini en charpie. Il ne serait probablement plus, à moins qu'il soit plus doué au combat ou à la fuite qu'à la discrétion. Noyé dans un nouveau flot de pensées, amenant à toi des questions de plus en plus existentielles et auxquelles tu ne trouverais certainement aucune réponse, tu commences à tomber dans une sorte de léthargie profonde. Peu à peu, le flot de tes pensées t'emporte au loin, très loin. Ton corps entier se relâche sous l'effet de la réflexion. Tu laisses tes pattes se dérober délicatement et tu te retrouves affalé sur le sol en position couchée. Tout semble parfait. Tu te mets alors à humer le parfum des environs, souhaitant savoir quelle odeur dégageait des lieux de pareils importances. Bien sûr, tu étais déjà venu, mais cela faisait combien de temps ? Depuis combien de temps n'avais-tu pas foulé ces terres où tant avaient péri ? Tu étais venu une ou deux fois ici, tu étais venu pour connaître les lieux. On t'avait raconté tellement de légendes à propos de ce lieu mythique. Tellement d'histoires que tu avais oublié le sens et le contenu de la plupart d'entres-elles. Ce dont tu te rappelais de ces dernières ? Dans tous les cas, les humains étaient fautifs, les chiens, qui étaient auparavant leurs fidèles compagnons, prêts à laisser leur vie pour eux, étaient devenus, du jour au lendemain les persécutés de ce système de bipède. Ils avaient commencé par en abattre un bon nombre, certains humains s'étaient résolus de les garder encore un peu, mais un jour, la folie les gagna tous et ils mirent fin à des années et des années de bonnes relations pour un je ne sais quoi. Ces relations qui dorénavants n'auraient plus lieux d'être. Les humains avaient choisi de faire un génocide des canins et la pire des punitions pour les innocents de ce coup du sort furent d'être remplacé par des machines de fer prête à les tuer à leur tour. Voilà tout ce que tu savais à propos de cette histoire. Certaines versions divaguaient en disant que les chiens avaient quelque chose de mal, d'autres affirmaient que les humains avaient été manipulés par ces chiens robots qu'ils avaient eux-mêmes créés... Les rumeurs courraient, mais personne n'était capable de les confirmer. Après t'être crispé en te remémorant cette histoire et tous les chiens qui étaient tombés par la sottise, la traîtrise et la cruauté humaine, tu tentas de retrouver un aspect normal, te détendant au maximum, essayant de plaquer de nouveau tes poils sur ton échine, inspirant et expirant calmement.

Peu à peu, le brouillard qu'avait formé tes pensées me quitte. Il te quitte pour te laisser entrevoir une silhouette canine qui s'approche. Une silhouette à la couleur fantomatique, que tu sais pourtant bien réel. L'as-tu déjà croisée ? Qui sait ? Pas toi en tout cas. À cette distance, tu ne peux que reconnaître la taille et la forme d'un de tes congénères. Si cela avait été un de ces robots chiens, tu l'aurais reconnus de par sa discrétion et la couleur étrange de son pelage gris fer. Tu renifles silencieusement, tentant de sentir une quelconque odeur sur le pelage du canidé. Tu ne parviens qu'à sentir une odeur musquée t'indiquant qu'il s'agit d'un mâle. Rien de plus. En ces temps, les chiens n'appartiennent à aucune organisation précise, ils vagabondent et se réunissent lorsque cela est nécessaire pour leur survie, rien de plus. La hiérarchie est à sac et personne ne respecte plus rien. Tu espères simplement que le nouvel arrivant sera capable de respecter les lieux et la mémoire des ancêtres, sinon quoi, il aurait le droit à une correction dont tu serais certainement l'auteur à moins que le destin lui-même s'en mêle. Peu à peu, il s'avance, ses formes floues deviennent nettes et bientôt, tu te rends compte que le chien bien que semblant plus jeune que toi te dépasses de quelques centimètres. Tu serais tout de même capable de remettre ce chien en place, tu le ferais, peut importe la taille s'il salissait ce lieu de ses paroles. En approchant, le chien blanc aux longs poils remut doucement la queue, il avance d'un peu hésitant et lent. Il semble donc ne pas être venu en ennemi. Tu te détends un peu et le laisse approcher davantage, espérant que le faux pas n'aurait pas lieu. Il n'a pas l'air agressif et n'a pas l'air de chercher à te dominer. Parfait. Vos relations ne seraient que meilleures. Soudainement, le chien s'arrête, tu crois immédiatement à une ruse lorsque tu le vois reprendre sa marche laborieuse et buter dans un caillou qui l'envoie au sol. Ce dernier retient un couinement et tu le devines facilement. Toi, tu retiens un soupir agacé. Pourquoi les jeunes sont-ils si patauds ? À ton époque, vous étiez tous plus débrouillard que ce grand maladroit. Tu poses ton regard sur le chien qui te regarde innocemment, les oreilles en l'air et la langue pendante entre les crocs. Tu te contentes de garder ta mine un peu renfrogné et tu t'approches de lui pour le sentir. Tu sais que dans cette position, tu le domines. Au sol, il est moins fort que toi et il serait fou s'il tentait quoi que ce soit d'offensif. Une fois l'odeur identifiée, tu t'écartes un peu de lui, de sorte à lui laisser de la place pour se relever et tu te mets assis, les yeux posés sur lui, guettant ses faits et gestes.



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